Unitat e diversitat / unité et diversité

 » Unité dans la diversité « . C’est une belle devise, et bientôt la nôtre, celle des citoyens européens, si le traité constitutionnel est ratifié. Pour rendre compatible la constitution française avec le texte européen, le président de la République a décidé de convoquer le Parlement en Congrès.
Lors de la modification de la constitution nécessaire à la ratification de Maastricht en 1992 on en avait profité pour ajouter à l’article 2 de la constitution de 1958 la phrase :  » La langue de la République est le français « . C’était à l’époque, disait-on, pour se prévenir des dangers l’anglais qui risquait de dominer l’Europe et peut-être s’imposer jusque dans notre quotidien.
Déjà à l’époque, nous avions prévenu des députés du risque qu’ils prenaient à voter cette modification. Ils n’en croyaient rien. Jamais cette petite phrase ne servirait à s’opposer aux langues dites régionales ! Un ministre le leur avait promis (Michel Vauzelle à l’époque) !
Mais les faits on donné tort à ceux qui n’avaient pas vu le danger.
L’article 2 a été une arme exclusivement tournée contre les langues dites régionales, l’occitan et les autres. Depuis il y a eu quelques mea culpa, notamment (et c’est courageux de sa part) celui d’Alain Lamassourre -député à l’époque et à l’origine avec d’autres de la modification malheureuse – qui a reconnu que l’article 2 à la mode 1992 avait été dévoyé et que le Conseil Constitutionnel en avait abusé.
Bientôt le Congrès se réunira. Pour être cohérent il doit réparer son erreur de 1992 et modifier cet article 2. Plus que de la cohérence ce serait de la logique car le texte de la constitution européenne parle de la protection de la diversité linguistique (Partie I article 3 et partie II article 22).
Si l’on a une constitution française qui nie la diversité linguistique en France elle sera en désaccord avec le texte européen et avec le principe de base : « Unité dans la diversité ».
Plus fort que cela encore ! Imaginez que l’on a demandé aux pays qui sont entrés dans l’Union en 2004, de s’engager à protéger leurs langues, toutes leurs langues. De beaux principes que la France impose à d’autres en oubliant de se les appliquer ! De l’humanisme à usage externe !
Que le président de la République aille partout dans le monde (Hanoï, Johannesburg …) dire que la diversité culturelle et linguistique est aussi importante que la diversité biologique, c’est parfait. Mais que dit-on des pays qui font de grands discours sur l’environnement et ne veulent pas signer les accords sur la réduction de l’effet de serre ? On dit qu’ils ne sont ni sérieux ni crédibles.
Que pourra t-on dire de la France qui ira demander que l’on préserve les langues et les cultures des peuples amérindiens alors qu’elle n’est pas capable de préserver ses langues ? On dira qu’elle donne des leçons pour pas cher ! On défend le français de Québec mais pas l’occitan !
La France est l’un des pays d’Europe dont la législation linguistique est la plus rétrograde. On veut nous faire croire qu’il s’agit de sauver le français mais c’est faux. On utilise de façon scandaleuse l’argument de l’exception culturelle (qui est un argument noble et de valeur) pour imposer une politique linguicide. La France prétend défendre la culture contre le marché et justifie ainsi sa conception peureuse de l’Europe. C’est une conception qui veut que les Etats aient la haute main sur la culture et la politique linguistique. La France craint la diversité officialisée qui prévaut dans la plupart des pays européens. Faudra t-il que la justice européenne condamne la France pour ne pas avoir appliqué les principes contenus dans la constitution européenne future pour que ça change ?
Va t-on continuer à faire croire que de reconnaitre un statut aux langues de France c’est mettre en danger la République ? Mais alors il faut interdire les associations qui oeuvrent pour l’occitan, les élus qui les soutiennent, ceux qui chantent, écrivent, et parlent en occitan. S’il y a complot qu’on nous le dise !
Le seul complot qui soit, est celui dont je me réclame, avec tous les autres, tous ceux qui travaillent depuis des années pour la diversité linguistique ; c’est un complot pour la démocratie, pour l’unité dans la diversité. Tiens ! on y revient !

David Grosclaude, Président de l’IEO

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