Faire de la SNCM le prototype du service public des années 2010

La grève contre la privatisation de la SNCM devrait être une occasion de mettre en place le service public de l’avenir.
En effet, cette société qui relie la Corse au continent assure le service public du transport à côté d’autres sociétés qui fournissent la même prestation mais avec des capitaux privés.

entre l\'Occitanie et la Corse

L’état français n’est plus capable d’assurer les services publics, en particulier dans les zones autres que la région parisienne. Les régions périphériques se voient livrées au bon vouloir des ex-monopoles d’état, privatisés ou en voie de l’être : SNCF, Poste, France-Télécom … L’Occitanie en particulier – parlons de ce que nous connaissons – voit ses postes, ses gares, ses écoles rurales fermer sous prétexte de non-rentabilité.
La manifestation de Guéret, le 5 mars 2005 – qui faisait suite à des démissions d ‘élus de la Creuse – n’était pas le fruit du hasard. Guéret et la Creuse ont souvent servi de lieu de condensation du malaise rural occitan ( » Comité de Guéret » agricole des années 60, naissance de  »Volem Viure Au Païs » en 1974) même si celui-ci ne s’assumait pas toujours comme tel c’est à dire occitan.
En 2005, les jacobins n’ont pas manqué d’affluer à Guéret mais leur vision du problème – recadré pour la circonstance dans la  »lutte anti-néo-libérale, anti-européenne et anti-mondialiste » ne débouche sur aucune solution concrète hors de la lamentation nostalgique de l’état français version 1946 !
La grève à la SNCM, si seulement on voulait la regarder avec des yeux neufs et sans les œillères traditionnelles que certains syndicats, élus régionaux (même de Corse) ou ministres ne veulent pas quitter pourrait permettre de créer un service public à gestion et à responsabilité régionalisée.
Plutôt que de faire appel à  »l ‘état central » – mais qui à Paris s’intéresse à Marseille et à l’île corse 😦 – ce sont les deux régions concernées, Provence et Corse qui doivent rentrer dans le capital de la SNCM.
Une compagnie maritime publique corso-provençale sera la seule susceptible d’assurer le maintien des emplois et un véritable service public au bénéfice des usagers corses, provençaux ou autres.
Il faut donner aux régions les moyens budgétaires d’assumer ces nouvelles responsabilités. Voici la vraie  »réforme de l’état », poncif des gouvernements successifs de droite comme de gauche. En fait, la question n’est même plus de  »réformer l’état » mais d’avancer vers un état fédéralisé, où les régions soient dotées de vrais pouvoirs de décision, d’un vrai budget basé sur de vraies ressources.
Ailleurs en Europe, ce modèle existe déjà et fonctionne.
L’ex-  »service public à la française » géré depuis Paris est à l’article de la mort. Il risque de couler la SNCM dans ses derniers sursauts si les intégristes de l’étatisme, au gouvernement, dans les syndicats et les conseils régionaux ne sont pas ramenés à la raison.
Le service public régionalisé peut naître aujourd’hui si la clairvoyance est la plus forte.
Mais le service public est-il le véritable souci de tous ceux qui disent le défendre ?

Pascal Paoli - SNCM

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Une réflexion sur “Faire de la SNCM le prototype du service public des années 2010

  1. Òsca !
    Aquò’s plan parlat mas dins los faits sabèm plan qu’anirà pas tot sol.
    Còrses, provençals, occitans vos cal despertar !

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