Nucléaire : le mensonge perpétuel

I – La réalité:

Three Mile Island (Pennsylvanie): 28 mars 1979. La fonte du coeur du réacteur est arrëtée à 45%. A fusion complète, les barres du combustible auraient traversé la cuve et peut-être la terre (syndrome chinois).De plus, une bulle d’hydrogène, capable de faire exploser la cuve a été éliminée à temps. Pas de victimes, une légère irradiation autour de la centrale.

Three Miles Island - centrale nucléaire

Tchernobyl: 26 avril 1986. le réacteur n° 4 de la centrale explose et s’enflamme. Pendent 10 jours, les particules radioactives contaminent 70% de la Biélorussie, 20% de l’Ukraine, 10% de la Russie. 600000 à 800000 “liquidateurs” travaillent sur le site, 1/3 d’entre eux sera suivi médicalement et encore, peu de temps. L’Ukraine a déclaré 14000 morts des suites de l’accident. 9 millions de personnes vivent dans les zones contaminées et la contamination avance par la chaîne alimentaire. En Biélorussie, les “chimiques” vivent à part, on leur conseille de ne pas avoir d’enfants pour ne pas engendrer des monstres. Les malformations à la naissance ont augmenté de 78% depuis l’accident et en 2002, il y a eu 250000 avortements. Iouri Bandajevski, médecin de l’Académies des Sciences de Biélorussie a été emprisonné et torturé pour avoir voulu étudier de trop près les conséquences somatiques et génétiques de Tchernobyl. Libéré en août 2005, il est assigné à résidence et empêché d’exercer. Le sarcophage d’acier et de ciment qui recouvre le réacteur se fissure, il risque libérer une colonne de poussière radioactive montant à 1,5km de hauteur et se disséminant dans l’atmosphère.
Comment convaincre les populations de l’innocuité et des bienfaits du nucléaire après de telles catastrophes?… jusqu’à l’embellie de 2004.

II – Une solution à la recherche d’un problème:

Certains écologistes, épouvantés – avec raison – par les conséquences du réchauffement de la planète, se sont raccrochés au nucléaire – une énergie propre, sans gaz à effet de serre – comme à une bouée de sauvetage. Un changement d’image bienvenu pour une industrie qui “depuis 50 ans était une solution à la recherche d’un problème”.
Deuxième ligne d’attaque, l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Nucléaire) qui vient de recevoir le Prix Nobel de la Paix , mais qui publie un rapport le 05/09/05 intitulé ‘Legs de Chernobyl’, conforme à son rapport de 1995: la désinformation. A peine 56 morts après l’accident, 4000 personnes ayant eu un cancer de la thyroïde mais guéries à 99%. Il y a eu 100 fois plus de radioactivité rejetée dans l’atmosphère qu’avec les 2 bombes d’Iroshima et Nagasaki, mais la conséquence la plus grave de l’accident, d’après l’AIEA, est le stress des populations par rapport à la contamination invisible.
Il faut savoir que l’AIEA a l’exclusivité des opérations sanitaires liées au nucléaire (accord signé en 1959 entre l’OMS et l’AIEA) et ne dépend donc pas de l’ONU mais de ses patrons: le lobby atomique international et “leur message à tous les haitants de la planète est clair: ‘Oubliez Tchernobyl’”.

III – Le nucléaire, une énergie propre?

Et pourtant les arguments contre le nucléaire sont aussi puissants aujourd’hui qu’il y a 20 ans: 1) une technologie dangereuse 2) des ressources en uranium limitées à une décennie 3) des subventions massives de l’état pour faire baisser le prix du kwh 4) son utilisation probable par le terrorisme un jour ou l’autre 5) une source de prolifération nucléaire.
Et ici, parlons du Mox: depuis l’accord ‘Start’ de désarmement en 2000, la Russie et les USA se sont engagés à éliminer de leurs stocks militaires nucléaires 34 tonnes de plutonium. Le moins nocif, selon Greenpeace, serait de noyer le plutonium dans des déchets hautement radioactifs pour empêcher son utlisation militaire, une technologie éprouvée et la plus économique. Mais Areva propose une autre solution – qu’elle est la seule à maîtriser – beaucoup plus dangereuse et chère: la fabrication de Mox ( on ajoute 7% de plutonium militaire à de l’uranium naturel neuf et cela sert de combustible dans les centrales nucléaires ) et ce, malgré l’opposition, en privé, d’EDF qui craint pour la sécurité de ses centrales et trouve le coût exhorbitant. Fabriquer du Mox ne fait que rallonger la chaîne et la quantité des déchets sans apporter de solution à leur gestion définitive. Les transports sont multipliés (des centrales à La Hague pour extraire le plutonium, à Cadarache en camion, puis à Marcoule, puis retour aux centrales pour une seule utilisation), les risques également (accidents sur route, attaque terroriste ou criminelle, le Mox frais -non irradié- étant beaucoup plus facilement utilisable comme arme que le plutonium)
6) des montagnes de déchets radioactifs, sans solution fiable pour les traiter.

\"laboratoire\" de Bure

L’argument de l’énergie nucléiare non productrice de CO2 ne tient donc pas puisque toute la chaîne du nucléaire utilise de grosses quantités d’énergie fossile.
De plus, le pourcentage de gaz à effet de serre dûs aux besoins mondiaux d’électricité représente à peine 16% de la pollution totale. Cela veut dire que multiplier les centrales ne changerait rien à 85% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Quant aux sècheresses à répétition qui empêchent le refroidissement des centrales l’été, aucune réponse n’est donnée par EDF qui encourage pourtant la climatisation à outrance.

IV – L’alternative:

En 2004, l’éolien couvrait la consommation électrique de 30 millions d’Européens, ie 60 milliards de kwh. 99% des éoliennes se trouvent hors de France. Pourquoi?
Parce que les Européens sont peu sensibles à la beauté de leurs paysages et n’hésitent pas à les défigurer par des monstres éoliens? Parcequ’ils sont durs d’oreille et acceptent des bruits insupportables pour les délicates oreilles hexagonales? Ou parce qu’ils n’ont pas le ‘bonheur’ de vivre dans un état où un gouvernement-bis, EDF, décide de l’orientation énergétique du pays (EPR), du prix de rachat du kwh éolien ou solaire et soutient l’éolien, assez pour ne pas laisser échapper le marché, mais pas assez pour changer l’orientation tout-nucléaire, source de gros profits?

eolienne

Pour ceux qui veulent croire à un avenir pour notre terre, un choix s’impose:
– diminuer notre consommation d’électricité
– réduire les subventions énormes données aux énergies fossiles et à la place soutenir les énergies renouvelables
– refuser l’énergie centralisée et dominée par des mastodontes internationaux, genre EDF/Cogema/Areva/Framatome, BP, Shell. Ils ont déjà une bonne part du marché du solaire et de l’éolien et espèrent imposer la vitesse de mise en place et l’orientation de la recherche de ces technologies.
Les habitants de l’île écossaise de Gigha ont montré l’exemple: ils se sont associés pour acheter 3 éoliennesqui produisent l’électricité de l’île et un surplus, revendu à la compagnie nationale et réinvesti pour la collectivité. Ils maîtrisent l’emplacement, le modèle d’éoliennes et les profits.
Autonomie et pouvoir régional rhyment avec énergies renouvelables, pas avec énergie nucléaire.

Maryse Labrueissa

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2 réflexions sur “Nucléaire : le mensonge perpétuel

  1. bonjour,

    Professeur d’hist/géo, je souhaite emprunter des éléments de votre blog pour soumettre un document qui argumentent contre le nucléaire et qui émane d’une source non officielle.

    M’ autorisez vous ?

    Cordialement.

  2. Bien sûr.
    Ce blog est fait pour susciter des débats, en particulier sur le nucléaire. Vous pouvez donc utiliser ce texte en en mentionnant l’origine et l’auteur (Maryse Labrueissa).

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