L’Etat protège le nucléaire et les trusts pétroliers …

« Fin de garde à vue pour le porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire » (AFP) 17-05-06 – 00:19:36

Le porte-parole national du « Réseau Sortir du nucléaire », Stéphane Lhomme, placé mardi matin en garde à vue à Bordeaux dans le cadre d’une enquête préliminaire de la section antiterroriste du Parquet de Paris, a été libéré en fin de soirée, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le militant anti-nucléaire bordelais, qui avait été interpellé en début de matinée par des policiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST), est sorti au bout de quatorze heures de garde à vue.

A sa sortie, Stéphane Lhomme a indiqué que les policiers avaient perquisitionné pendant plus de cinq heures son domicile, où ils ont saisi son téléphone portable et ses deux ordinateurs personnels.

Un document d’EDF classé confidentiel défense, dans lequel il est fait mention de « la vulnérabilité de la future centrale nucléaire EPR en cas de crash d’avion suicide », a également été saisi, a indiqué Stéphane Lhomme.

C’est ce document qui a motivé le déclenchement de l’enquête préliminaire, selon le militant anti-nucléaire, précisant qu’il devrait être convoqué ultérieurement par le parquet de Paris et la DST pour répondre de cette affaire.

« On ne comprend pas trop en quoi on peut rapprocher cela d’une enquête antiterroriste », avait déclaré pendant sa garde à vue son avocat Me Philippe Reulet, estimant qu’il s’agissait « peut-être d’une manière de le faire taire. » Porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire, qui regroupe plus de 700 associations écologistes, Stéphane Lhomme est engagé dans de nombreuses actions de terrain, notamment comme président de l’association Tchernoblaye, contraction de Tchernobyl et de Blaye, localité de Gironde où se situe une centrale nucléaire d’EDF.

Il est l’auteur d’un récent ouvrage intitulé « L’insécurité nucléaire ». © AFP. »

« TIPP un fabricant de biocarburant obligé à payer 10.000 euros « AFP 16.05.06 | 18h49

Une entreprise du Lot-et-Garonne, productrice d’un biocarburant à base d’huile végétale, a été obligée par les douanes à payer 10.000 euros pour ne pas avoir versé de taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), a-t-on appris mardi auprès de ses gérants.

Les 10.000 euros ont été saisis le 6 mai sur les comptes de la SARL Valenergol, et sur ceux de ses deux co-gérants, ont expliqué à un correspondant de l’AFP les deux responsables, Alain Juste et Alain Bédouret.

Au terme d’une longue bataille judiciaire, Valenergol, créée en 1996 à Pont-du-Casse, près d’Agen, avait été condamnée en novembre 2002 par la cour d’appel d’Agen à verser 2.500 euros d’amende douanière et 7.500 euros de TIPP pour avoir commercialisé de l’huile végétale pure (HVP) à base de tournesol.

La cour avait estimé que Valenergol ne disposait pas « d’autorisation administrative spéciale » et que le fait d’avoir « sciemment » mis sur le marché au titre de carburant 10.000 litres d’HVP constituait une infraction.

Pour les deux co-gérants, la saisie des douanes était injustifiée dans la mesure où, depuis ce jugement, le Parlement européen a adopté une directive citant « l’huile végétale pure dans la liste des produits considérés comme biocarburants ».

Les deux co-gérants, qui continuent à vendre de l’HVP malgré leur condamnation, ont indiqué avoir écrit le 13 mai au Premier ministre pour lui demander le remboursement des sommes saisies.

Les deux co-gérants de Valenergol sont impliqués dans le projet de la communauté de communes du Villenevois qui expérimente depuis novembre l’HVP comme biocarburant pour ses camions à ordures.

Opposée à cette initiative, la préfecture du Lot-et-Garonne a saisi le tribunal administratif de Bordeaux, rappelant que l’usage d’HVP à la carburation est interdit en France en dehors du monde agricole. »

L’Etat français, qui se prétend souvent au dessus de la mêlée, est toujours dans le camp des monopoles :

  • – derrière AREVA, EDF pour le nucléaire,
  • – derrière SUEZ, VIVENDI, … pour les déchets,
  • – derrière EADS pour l’armement,
  • – derrière TOTAL et les pétroliers pour les carburants,
  • – …

Les représentants de ces entreprises publiques ou privées sont aux postes clés (ou pas loin) pour préserver leurs intérêts. D’ailleurs, ces hommes, sortis des mêmes grandes écoles, passent de l’administration publique aux grandes entreprises privées (pantouflage) er vice-versa …
Ce n’est pas dans la République française que sera appliqué le concept de  » concurrence libre et non faussée », beaucoup critiqué il y a un an dans le débat sur la constitution européenne.

On a refusé la concurrence du « plombier polonais » pour mieux maintenir les privilèges de certains monopoles.

Vous avez dit « Modèle social français » ?

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Une réflexion sur “L’Etat protège le nucléaire et les trusts pétroliers …

  1. Energie. Villeneuve-sur-Lot poursuivi pour utilisation de ce biocarburant.
    L’huile végétale fait tache dans les bennes à ordure

    par Laure ESPIEU
    LIBERATION : mercredi 07 juin 2006

    Bordeaux de notre correspondante

    « Je croyais qu’on avait aboli les privilèges en France en 1789. On est en train de les réinstitutionnaliser en faveur des industriels.» A la sortie du tribunal administratif de Bordeaux, hier, Alain Juste a la mine grave. Président de l’Institut national des huiles végétales pures (INHVP), basé à Agen (Lot-et-Garonne), il est l’un des pionniers du carburant propre. Pourtant, après une heure d’audience, son combat a pris du plomb dans l’aile. Il pourrait même être sérieusement remis en question pour quelques pinaillages juridiques qui masquent mal une affaire de gros sous.

    Première. En cause, une délibération de la communauté de communes du Villeneuvois (CCV) d’octobre dernier. Pour la première fois en France, ce groupement de dix communes rurales, présidé par le maire (PS) de Villeneuve-sur-Lot, Jérôme Cahuzac, décidait de faire rouler ses camions poubelle à l’huile végétale pure. Mais l’initiative n’a pas plu au préfet du Lot-et-Garonne. En février, il déférait la collectivité devant le tribunal administratif. Motif : «La réglementation nationale interdit l’utilisation des huiles végétales pures à la carburation en dehors du monde agricole» (article 265 ter du code des douanes). A l’audience, la CCV espérait pouvoir s’appuyer sur une directive de l’Union européenne qui autorise et encourage ces pratiques. Mais le commissaire du gouvernement n’a pas semblé lui donner raison. Il a requis, hier, l’annulation de la délibération. Une prise de position de très mauvais augure pour le jugement, qui sera rendu dans trois semaines.

    Ce qui passe surtout très mal, c’est la visite, jeudi dans la Marne, de François Loos, ministre délégué à l’Industrie. L’objectif de ce déplacement était de donner, en grande pompe, le feu vert à la première expérimentation de bioéthanol. Les biocarburants ne seraient donc pas tous logés à la même enseigne ? Pas besoin de chercher bien loin pour comprendre. «Deux types de carburants propres sont autorisés en France, rappelle Alain Juste. Il s’agit des éthers de méthyle (dérivés huilés) et des éthanols. Tous deux uniquement produits par les industriels.» Alors forcément, les huiles végétales pures pressées à la campagne, directement par l’agriculteur à côté de son champ de tournesol, ne font pas le poids. Et qu’importe si, depuis quatre ans déjà, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et la Diren (Direction régionale de l’environnement) leur reconnaissent un meilleur bilan environnemental et énergétique que toutes les autres. «C’est une bataille de fric, s’insurge Alain Juste. Il y a des carburants autorisés par l’Etat en accord avec les lobbies pétroliers, et d’autres interdits parce que les industriels n’y trouvent pas leur compte», résume Olivier Dourte, directeur de cabinet de la communauté de communes.

    Jachère. Rien qu’en Lot-et-Garonne, 26 000 hectares sont en jachère et pourraient être valorisés par la production d’huile végétale pure. C’est l’une des rares occasions d’offrir un revenu complémentaire aux ruraux, et d’éviter par conséquent la désertification des campagnes. Par ailleurs, le tournesol pousse sans engrais et consomme peu d’eau, alors que le bioéthanol, fabriqué par les industriels sucriers (comme celui utilisé dans la Marne), est aujourd’hui le carburant qui consomme le plus d’énergie fossile pour sa production. «Nous continuerons, et épuiserons toutes les voies de recours si la décision est négative», affirme le représentant de la CCV. En plus des dix bennes communautaires 100 % écolos, le maire de Villeneuve-sur-Lot a aussi décidé de faire rouler les véhicules municipaux à l’huile végétale. Ils sont actuellement en cours de rodage.

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