Confolens : un lycée pour l’exil ?

Le pillage des cerveaux, ça existe ici, en Charente Limousine.
CL du 5/12/2OO6 nous en donne un bon exemple dans un article intitulé « Un ingénieur de Chabrac sous le soleil de La Réunion ».
Sous couvert de mettre en valeur la réussite d’un jeune, la tonalité générale de l’article est sur le thème « partir » : « la clé de la réussite c’est de saisir sa chance quitte à partir loin. »

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Passons sur l’image idyllique (touristique ? coloniale ?) donnée de la vie à la Réunion : « le jeune homme qui profite de ses week-ends pour découvrir les trésors de « l’île intense», pour faire de la plongée, des randonnées… ». Point de Chikungunya, de chômage ou de racisme dans ce paradis des antipodes. De plus « on manque de personnel d’encadrement dans les métiers du bâtiment. Il n’y a pas suffisamment d’infrastructures alors que la population augmente très fortement »
Un encadré consacré au lycée de Confolens, nous en remet une couche :« partir pour grandir, partir pour s’épanouir. La mobilité est souvent un passage incontournable pour les jeunes qui veulent poursuivre des études ».

Au cas où les jeunes occitans n’auraient pas compris que leur avenir c’est l’exil.

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Du côté des décideurs, le refrain est différent : attirer de nouvelles populations, accueillir de nouveaux habitants, etc…

Ne serait-il pas temps de se poser quelques questions sur le fonctionnement de cette société du déménagement perpétuel qui encourage certains à partir pour demander à d’autres de venir ?

Où est la logique?

L' »éducation nationale » – ou l’enseignement privé d’ailleurs – dispensent des formations sans rapport avec les besoins locaux – il y en a, la Charente Limousine dispose d’une certaine base industrielle, artisanale et agricole. La plupart du temps, ces formations sont décidées par des fonctionnaires, eux-mêmes parfaitement déracinés et coupés des réalités locales, dans les bureaux du rectorat de Poitiers ou du ministère.

L’idée qu’on peut développer le pays où l’on est né n’est pas enseigné dans les établissements scolaires. Tout au contraire. Sous prétexte d’ouverture, l’idéologie scolaire distille le mépris : mépris de sa campagne, de sa culture (n’oublions pas l’éradication de l’occitan menée sans relâche depuis des décennies).

Pour cette machine à déménager le territoire et à déraciner les gens, l’avenir des enfants est « ailleurs ».

A quand une école au service du développement de la région, formant des gens désireux d’entreprendre chez eux, qui, s’ils sont obligés de s’exiler quelques années – un séjour à l’étranger n’est jamais inutile – auront le désir de revenir entreprendre au pays et d’y ramener ce qu’ils auront appris au loin ?
Un grand pas serait fait alors vers la « revitalisation de la Charente Limousine ».

Ne voyons-nous pas des Britanniques venir monter des entreprises ici ? Pourquoi est-ce possible pour eux, pourquoi ont-ils cette volonté ?

Remettons en cause l’éducation que nous infligeons à nos jeunes, ce conditionnement au départ, cet « ici pas d’avenir » qu’on nous serine à longueur d’article ou de réunions d’orientations !

Cet exil qu’on nous présente comme inéluctable est un choix politique qui nous est imposé.
Vivre au pays est une valeur positive et d’avenir que nous devons enseigner à nos enfants. C’est une valeur de résistance, la seule capable de leur donner un avenir.

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3 réflexions sur “Confolens : un lycée pour l’exil ?

  1. Un lycée pour l’éxil? votre fils n’était pas scolarisé au lycée Emile roux de Confolens. Dans votre cas, il faudrait plutôt dire un collège pour l’éxil. si tous les jeunes du Confolentais font faire leurs années de lycée dans les grands centres urbains, cela rique fort de dévitaliser ce pôle de formation qui détient les meilleurs résultats au bac.

  2. Ma fille était interne au lycée de Confolens… Mais ce n’est pas le sujet. Les résultats de ce lycée ne sont pas en cause, ils sont effectivement excellents.

    L’article de la Charente Libre était axé sur le thème : “la clé de la réussite c’est de saisir sa chance, quitte à partir loin.”
    Des millions d’euros sont dépensés par les collectivités pour « attirer de nouvelles populations », alors qu’on instille dans l’esprit de nos jeunes l’idée qu’il n’y a pas d’avenir ici…
    Mais cela n’est pas propre au lycée de Condolens, la plupart des lycées limousins (et l’université de Limoges …) sont dans le me cas
    « L’herbe est-elle plus verte qu’ailleurs ?
    Un étudiant sur quatre choisit de quitter la région pour poursuivre ses études. Les autres, une fois leur diplôme universitaire acquis, partent chercher du travail ailleurs. Reste que l’Université de Limoges, qui propose des formations rares, attire plus d’étudiants qu’elle n’en garde. Les entreprises de la région ne peuvent absorber la masse d’étudiants diplômés chaque année. La solution serait peut-être de trouver le moyen d’inciter les jeunes diplômés à créer leur propre entreprise. 150 sociétés sont ainsi montées chaque semestre par des moins de 30 ans. Une enquête pour l’observatoire universitaire des parcours étudiants et notamment sur le devenir des diplômés des DESS limousins sur 2002, 2003 et 2004, montre que plus de 75 % des étudiants sont embauchés ailleurs qu’en Limousin, ceux restant sont attachés à leur région. Ils sont 6 % non originaires du Limousin à rester sur place. 50 % des diplômés ayant grandi dans la région choisissent de partir travailler ailleurs. Les diplômés gagnent 1 329 € en moyenne pour leur premier emploi en Limousin alors qu’ils se voient proposer 1 653 € en moyenne dans d’autres régions et 1 817 € en région parisienne. Entretien avec Jacques Fontanille, président de l’université de Limoges.
    Source : LE POPULAIRE DU CENTRE-15/2/2007 p.2  »

    Mes propositions pour les élections législatives :
    « TRANSFORMER L’EDUCATION NATIONALE ET LES UNIVERSITÉS :

    * Valoriser les compétences de chaque jeune scolarisé.
    * Intégrer la filière technique dans l’enseignement général.
    * Enseigner par immersion dès le plus jeune âge les langues régionales
    et étrangères comme cela se pratique avec succès pour l’enseignement
    du français à l’étranger.
    * Développer l’enseignement artistique et les disciplines d’éveil dès le plus jeune âge.
    * Revoir les programmes en partant de la connaissance du milieu
    local pour s’élargir au monde. »

    http://jean.urroz.online.fr

  3. Las resultas dels Licèus o collègis son pas encausas… Lo problème es clarament dich dinc l’article : L’ «éducation nationale » – ou l’enseignement privé d’ailleurs – dispensent des formations sans rapport avec les besoins locaux.

    Es clar que lo dich ‘servici public’ es un servici d’Estat e que lo mercat-Estat-nacion fonciona per l’immigracion permanenta, perqué val melhor aver un immigrant ambe papièr o sense papièr per poder lo mesprezar o lo sospagar. Un desrasigat val melhor que tot indigène, pel mercat-Estat-nacion, pauc impòrta lo capolièr del regime, un rei o un rei-president.

    La causa del mercat de l’emplec es clara, que fosquèsse per un mercat-Estat-nacion decentralizat o pas (las subvencions de gestion dels CR i faràn gaire), l’important es lo mercat.

    Puèi encara melhor quora la nacion es mesclada ambe la ciutadanetat (l’antropologic mesclat ambe lo juridic, Ernest Renan la linha directriça ideologica a dreita o a esquèrra). Car per l’economia lo sistèma politic vòl pas de ciutadans, vòl esclau del sistèma, plegas-esquinas de sempre. la question de saber efectivament se las formacions son las bonas, es la question de saber quí se questiona sobre lo contengut de la vida economica del país nòstre.

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