Au conseil général de la Charente, à la COMAGA, aux contribuables qui soutiennent l’incinérateur de La Couronne

Ces pages de Dany DIETMAN, dans « Déchets ménagers, le jardin des impostures » sur les incinérateurs (p.94-95) :

[…] Avec des rayons de dispersion atmosphérique de plusieurs dizaines de kilomètres, les incinérateurs n’ont pas fini de faire d’irréparables dégâts, autant sanitaires qu’économiques. Pourtant l’incinération a déjà coûté très cher à l’agriculture, les 6 875 têtes de bétail, abattues dans la vallée de I’Isère aussi bien que les 2 230 tonnes de lait et de fromages A0C détruits, ou les 10 000 tonnes de foin destockés pour destruction, ont terrassé 365 exploitations agricoles réparties dans 28 communes et éparpillées dans un rayon de 0 à 20 km autour de l’incinérateur. Le plan d’urgence de cette scandaleuse affaire de santé publique, aura coûté 18 millions d’euros à la collectivité. Pourtant, les autorités offlcielles disaient que l’incinérateur fonctionnait bien, et qu’il n’y avait rien d’inquiétant. Il aura fallu que M. Paviol, Maire de Grignon, pour répondre aux inquiétudes de très nombreux concitoyens gravement malades, prenne la décision de financer une étude indépendante de recherche de contamination par dioxine. En révélant que la contamination à la dioxine était de 750 à 13 000 fois supérieure aux normes européennes, l’étude commandée par M. le Maire donnait toute l’ampleur de ce terrible scandale. Combien de sites proches d’autres incinérateurs sont-ils dans une situation équivalente ? L’étude du professeur Viel, sur le site de l’incinérateur de Besançon ne fait que confirmer ce que l’on sait, mais que l’on ne veut pas accepter. C’est ainsi que la contamination alimentaire des consommateurs, ne dépend pas seulement de leur proximité physique de l’incinérateur, mais de la provenance des aliments qu’ils consomment, si ces aliments sont issus de zones proches des incinérateurs. C’est donc la répétition de l’absorption alimentaire de molécules de dioxines, qui va pouvoir engendrer leur bio accumulation, pour aboutir, de nombreuses années plus tard, au déclenchement de pathologies particulièrement graves. En imaginant que les molécules de dioxines puissent avoir un impact sanitaire aussi rapide et brutal que les salmonelles, il y a belle lurette qu’il n’y aurait plus aucun incinérateur en fonction sur l’intégralité du territoire. C’est cet effet d’impact pathogène décalé de la dioxine, qui permet à 1’incinération de poursuivre impunément son oeuvre de dissémination à grande échelle de 4 à 5 des 12 substances les plus toxiques de la planète.

Mais là, on nous dit également que les dioxines sont détruites à hautes températures, au-delà de 800°C. Mais on ne nous dit pas qu’elles se reconstituent lorsque le flux gazeux revient dans la plage de température comprise entre 275°C et 450°C. C’est précisément ce qui se passe dans les échangeurs de chaleur nécessaires à la valorisation énergétique. Pour éviter cela, il faudrait réduire au maximum le temps de refroidissement des fumées de 850°C à 90° par pulvérisation d’eau (système quench); mais alors il n’y a plus aucune valorisation énergétique possible. Ce qui veut dire qu’en choisissant 1’option de Ia valorisation énergétique de l’incineration, on choisit la solution permettant de synthétiser le maximum de dioxines. Et tout cela pour un rendement ridicule de 170 à 190 kwh par tonne de déchets ménagers brulée, alors que la valorisation du biogaz dans les CET 2, offre un rendement supérieur à 240 kwh par tonne de déchets ménagers enfouis. L’Unité de Valorisation Energétique n’est pas celle à laquelle on pense ! La valorisation énergétique de l’incinération est donc par essence, une déclaration cynique d’infraction préméditée, au sens de la convention de Stockholm.

En ajoutant à la dioxine 2,3,7,8, TCDD, aux furanes, à l’amiante, les effets pathogènes décalés des pesticides, le principe de précaution apparaît comme une nécessité absolue par rapport aux embryons et aux enfants dont la sensibilité est encore nettement plus affirmée. Malheureusement, les lobbies industriels veillent pour éviter à tout prix que ce principe ne soit appliqué.
[…]

La suite dans :
Dany DIETMAN
Déchets ménagers, le jardin des impostures
L’Harmattan
ISBN : 2-7474-8070-9

14,5 €

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Le site de la Communauté de communes des Portes d’Alsace

où l’on pratique avec succès le tri sélectif.

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