Ansac : Labourer contre les décharges

Environ 70 personnes ce matin à la conférence de presse au Chêne d’Ansac (16500) : représentants des conseils municipaux d’Ansac, Confolens, Ambernac, Lessac, Hiesse,…, membres des association anti-décharges CIGALE, RAPASSE, CDEAL, agriculteurs de la Confédération Paysanne, simples citoyens …

Tous refusent de voir des terres agricoles condamnées à recevoir des déchets industriels ou autres. Le souvenir de l’Affit (Roumazières-Loubert 1983) à quelques kilomètres, est encore dans toutes les têtes.

Avec cette occupation de terres agricoles, les luttes contre les dépotoirs industriels,  pour une autre agriculture et pour une Charente Limousine vivante sont indissolublement liées.

Sous le soleil, le Chêne est resplendissant !  A notre arrivée les grenouilles chantaient dans la mare voisine de la maison. On pense aux 7 sources présentes sur la propriété. Quel scandale de condamner ce coin de nature paisible pour les appétits de gain de quelques-uns !

10 ha sont ensemencés en sarrazin, tournesol,… semences biologiques offertes par des bios sympathisants. Les tracteurs d’autres voisins ont labouré bénévolement tout le week-end… Chapeau à la solidarité ! Ici, on a travaillé plus pour vivre mieux !

Devant les caméras de FR3, (le reportage est dans les journaux régionaux du soir de FR3 Limousin et FR3 Poitou-Charentes de ce 10 juin 2008)  les micros de France Bleue et le journaliste de CL, Virginie explique la motivation des jeunes paysans : volonté d’ une agriculture propre et relocalisée,  protestation contre les difficultés faites aux agriculteurs non-productivistes, refus de voir une décharge remplacer une ferme, engagement pour préserver l’environnement, engagement pour des solutions  de traitement des déchets alternatives aux décharges, une terre vivable pour nos enfants…

Déjà un petit cheptel s’est installé sur la propriété de 55 ha (dont 20 de bois) : chevaux, ânes, bouc, poules et poussins….

Le propriétaire EDISIT a porté plainte mais se dit « ouvert au dialogue ». Une société de chasse privée (étrangère à la Charente Limousine et titulaire d’un bail de chasse) a aussi porté plainte …

Ces messieurs préfèrent certainement chasser entre les amoncellements de déchets que sur une ferme bio… C’est un choix…

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4 réflexions sur “Ansac : Labourer contre les décharges

  1. Un « commando ecolo » investit Ansac-sur-Vienne
    Philippe ANDRÉOULIS
    CL 11-06-2008

    Il y a déjà les chevaux de trait, un âne, une vingtaine de chèvres. Le chien ne devrait pas tarder, de même que la poule et ses poussins. Sur le côté de la maison, le roncier a cédé la place à un potager et le puits a maintenant de quoi respirer. Dans les champs alentour, la terre est fraîchement retournée. «Samedi, il y avait cinq tracteurs ici.» Le sourire aux lèvres, les nouveaux occupants «sauvages» de la ferme du Chêne à Ansac-sur-Vienne et de ses cinquante-cinq hectares, sont contents de leur coup. Hier encore, le tracteur d’un agriculteur voisin tournait. Cette fois pour semer du tournesol bio, sur 3 ou 4 hectares supplémentaires. Une façon de montrer à la presse, aux voisins, aux amis, aux élus et aux militants réunis hier sur place que leur volonté de s’enraciner est réelle.

    Virginie Filleul et son compagnon Laurent Fouquet, Hervé Legrand sont tous trois de jeunes agriculteurs en quête de terres à exploiter. «C’est tout de même dommage que des terres agricoles restent en friche, ne soient pas exploitées depuis six ans, alors que nous, nous n’arrivons pas à nous installer», souligne Virginie Filleul qui n’a pas oublié de faire référence au code rural. «C’est vraiment la disponibilité des terres qui nous a fait venir», affirme-t-elle. Même si personne n’est dupe. Leur occupation est un bon moyen de s’opposer au projet de centre d’enfouissement de déchets industriels banals de la société Edisit. Un projet toujours en cours d’instruction pour lequel une décision devrait intervenir en septembre prochain, après un nouveau délai accordé par le préfet. En attendant, Edisit a loué les lieux à une association de chasse de Haute-Vienne.

    Des cultures bio contre une décharge

    «On préfère voir ici des agriculteurs qui vont labourer la terre, qui vont faire vivre des gens, qu’une décharge», s’enthousiasme Gérard Petit, président de Cigale (Comité d’informations des générations à venir libres de leur environnement). Dès qu’il a été informé de l’action du «commando écolo», il est venu leur apporter son soutien. Même réaction du côté des agriculteurs du coin venus en force aider à l’installation. Et tous ne font pas forcément partie de la Confédération paysanne. L’organisation agricole, toujours au premier rang des luttes pour la défense des agriculteurs, était bien présente, le plus officiellement possible, aux côtés des «occupants» qui se sont baptisés «La tribu des pas fous en Confolentais». Au premier rang de la Confédération, la vieille garde des grands combats: Yves Manguy, André Puygrenier…

    Dans cet élan, les élus n’étaient pas en reste. Maires, adjoints ou conseillers municipaux de Confolens, d’Ambernac, d’Ansac, de Hiesse, de Lessac, d’Alloue étaient là. Même l’association voisine Rapasse (Rassemblement des amis de la protection en amont du Son, de la Sonnette et de son environnement) de Saint-Laurent-de-Céris, ravie d’être venue à bout d’un autre projet de centre d’enfouissement sur sa commune, avait fait le déplacement. «On a devant nous des gens volontaires, avec un projet qui demande peu de moyens. Ils sont prêts à payer un loyer, ils acceptent le bail de chasse… On a tout de suite été séduits par le projet», affirme Pascal Laurent, porte-parole de la Confédération paysanne.

    Un projet original qui, l’affirment les trois agriculteurs, ne nécessiterait qu’une dizaine d’hectares. «On lance d’ailleurs un appel. Si d’autres veulent nous rejoindre, il y a de la place pour quatre ou cinq exploitations», estiment Virginie Filleul et Laurent Fouquet. Leur projet à eux est bio, avec utilisation de chevaux de trait, de vente à la ferme, au panier… Un paysan boulanger du sud Vienne est intéressé par le blé bio qui pourrait être produit ici et dont il a besoin pour faire son pain. «On n’arrive pas à produire tout le blé dont on a besoin», explique Daniel Julien de Linazay.

    Virginie Filleul et son compagnon avaient trouvé, en avril dernier, un hectare cultivable à Alloue. «Ce n’est pas viable.» Hervé Legrand, éleveur de chèvres poitevines, n’avait qu’une solution de repli près de Melle. «Notre projet agricole dérange certains organismes agricoles. On ne veut pas demander les aides de l’Etat. Du coup, on n’est pas prioritaires dans l’achat de terres», poursuit Virginie Filleul.

    Edisit fait grise mine

    Du côté d’Edisit, on fait plutôt grise mine. «Des gens sont venus chez nous, ont cultivé les terres, ont changé les serrures, se sont installés… On est dans un état de droit, on est allé à la gendarmerie, on a porté plainte», explique Stéphane Lagarde d’Edisit. Il a rencontré hier matin les occupants du Chêne. «On va laisser ça à la justice», se contente-t-il d’ajouter. «L’entretien s’est bien passé», confirme Virginie Filleul. Ce ne fut pas le cas semble-t-il avec l’association de chasse qui loue les lieux à Edisit. La rencontre de la veille avait été, elle, plutôt tendue. Hier d’ailleurs, la gendarmerie de Confolens veillait, en cas de nouvelle confrontation, pour prévenir tout dérapage.

    Dans la foule, des personnes venues soutenir la cause, Guy Moynard avait le sourire. Cet agriculteur d’Ansac avait apporté ses chevaux, pour faire nombre. Il avait exploité le Chêne durant cinq ans, avant d’en être expulsé il y a trois ans. «Je suis solidaire», lance-t-il, comme une revanche.

  2. Pingback: Les paysans et jardiniers squatteurs | Blog Vert Chez Moi

  3. Bonsoir,

    L’Espace Simohé existe depuis bientôt 4 ans.
    Simtof qui l’a crée s’est fait connaître en nettoyant les plages du littoral du Pays des Hautes Falaises, en Normandie.
    Il continue et a développé son combat en voulant qu’une loi empêche les sur-emballages, et ce, par une pétition.
    Le 5 janvier 2008 il a campé devant une décharge à Grainville-la-Teinturière, une centre d’enfouissement.
    Ce collectif d’agriculteurs l’a contacté cet a-midi et nous avons bien entendu été très touché par leur combat similaire au nôtre.
    A l’heure du « Grenelle », des mesures pour protéger l’environnement, de la médiatisation actuelle sur l’énergie et ses conséquences gravissimes sur l’humanité, dénonçons l’absurdité et la destruction gratuite de lieux propres, sains que nous devrions au contraire préserver !
    Comment le préfet, personnage de pouvoir sur ce genre de décision, et donc sur ses conséquences et présentement l’environnement, peut-il laisser un site magnifique au niveau notamment de sa richesse en eau potable par des sources, se laisser détruire gratuitement ??
    C’est du pur assassinat envers la nature, un manque de responsabilité.
    Mais les habitants proches, les communes environnantes ne sont pas mieux : que veulent-ils laisser à leur enfants autant par leur éthique que leurs actes ??
    Il faut soutenir ces personnes qui défendent un bien cher, qui nous fait vivre : la Terre.
    Nous allons les aider malgré les kilomètres en diffusant au maximum cette situation.
    Bon courage à vous et bon combat !
    L’Espace Simohé

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