En France, une langue est plus égale que les autres.

Le sénateur H. de Richemont (UMP, Charente) répond ce jour à des questions de la Charente Libre :
La semaine dernière le Sénat a rejeté l’inscription des langues régionales dans la Constitution. Vous en étiez ?
H. de R. « Naturellement. Je vois la mention du droit aux langues régionales figurer à l’article 1 quand le français est à l’article 2, c’est choquant ! Je suis résolument pour une Europe des nations contre une Europe des régions. Accepter les langues régionales dans la Constitution, c’est le début de la dislocation de la Nation. Plus on multiplie les langues de communication, plus on fera de l’anglais la langue commune, au détriment du français.

Mme Royal est représentative du lobby des régions, de ceux qui veulent en faire un contre-pouvoir, ainsi quand elle réclame que les subventions européennes soient attribuées directement aux régions, ce que la Commission demande et que la France a toujours refusé. »

Nous avons là un amalgame parfait des fantasmes jacobins : la France est en état de siège, menacée par l’Europe, les régions, l’anglais…
Henri de Richemont partage cette vision apocalyptique avec les Académiciens ainsi qu’avec la Libre Pensée (pourtant à l’opposé de l’échiquier politique (?).)

Il faudrait davantage de sérénité dans ce débat sur l’égalité linguistique.
D’abord, rappeler comme le montre le dernier sondage en date que « 68% des Français se déclarent favorables à l’inscription de la reconnaissance des langues régionales dans l’article premier de la Constitution, contre 28% qui ne s’y déclarent pas favorables, et 4 qui ne se prononcent pas. » CSA, 21/06/2008

Ensuite, rappeler également que jusqu’en 1992, il ne serait venu à l’idée d’aucun défenseur de l’occitan, et des autres langues historiques de l’hexagone, de demander la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution.

En rajoutant à la Constitution de 1958, le premier alinéa l’article 2, « La langue de la république est le français« ,- ce qui n’avait JAMAIS figuré dans aucune constitution – ce sont les jacobins qui on tiré les premiers.

De plus, cet alinéa a été rajouté, sous le prétexte de « lutter contre l’influence de l’anglais » ! Lors du débat, le Garde des sceaux avait certifié aux députés et sénateurs que cette précision ne nuirait aucunement aux langues régionales…

Cet alinéa n’empêche pas l’administration française d’afficher en anglais, d’organiser des réunions en anglais : par exemple sur les impôts, en Charente ! [ce que nous ne contestons pas]

Par contre, cet article 2 est systématiquement utilisé CONTRE les langues régionales.

D’où la demande d’une reconnaissance constitutionnelle des langues régionales, pour tenter d’échapper à la guillotine de l’article 2, dès qu’une mesure un tant soit peu favorable est envisagée pour les langues régionales

Il y a donc deux solutions :
– soit on reconnaît les langues régionales dans la Constitution.
– soit on supprime la phrase sur « la langue de la république » de l’article 2.

L’égalité figure dans la devise de la république. Et pourtant, en France, une langue est plus égale que les autres.

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Une réflexion sur “En France, une langue est plus égale que les autres.

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