Le tri mécano-biologique expliqué à ceux qui veulent encore y croire …

La COMAGA, effrayée, non par la pollution et les risques encourus par les populations mais par les coûts, «Faut-il se contenter de réparer la chaudière défaillante qui doit impérativement être changée d’ici deux ans (4 millions d’euros) pour prolonger sa durée de vie jusqu’à ce qu’une autre solution ait été mise en place? Faut-il lui adjoindre une unité de valorisation énergétique (6 millions d’euros) et produire de l’énergie avec les ordures ce qui implique de faire tourner l’usine encore une quinzaine d’années pour amortir l’investissement?» CL du 24/08/2008 se pose la question de l’avenir de son incinérateur.

Et revoilà le serpent de mer du TMB, tri mécano-biologique présenté comme «alternative» !

Comme le demande le blog vendéen Natacha-artbook : «quel intérêt d’essayer de produire du compost avec des déchets pour la plupart dépourvue de matières organiques ou en quantités infimes ?»

http://www.natacha-artbook.com/diary-2/?p=495#more-495

Derrière ce TMC foireux, on ne va pas tarder à nous ressortir la décharge, «dans un coin désert où ça ne gêne pas»… , au hasard : le Confolentais !

Ni incinérateur, ni décharges, le vrai progrés c’est le Zéro Déchet, créateur d’emploi et de matières premières.

Toujours consultable ici.

Ou appliqué à la Charente Limousine (projet 2003 – déjà 5 ans de perdus)

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3 réflexions sur “Le tri mécano-biologique expliqué à ceux qui veulent encore y croire …

    • Je m’étonne que l’adech recherche des infos sur le traitement des déchets.
      Je ne prétend pas avoir la science infuse sur le sujet,mais non seulement j’ai interpellé les élus de BIL TA GARBI et BIZI GARBIA,entres autres depuis Mai 2008(sans réponse)mais j’ai aussi en tant que simple citoyen apporté mes observations et suggestions à l’enquête publique sur la révision du PDEDMA,puis j’ai eu l’occasion de rencontrer Monique MAYMOU,de rectifier mes erreurs sur BATZ ET BACHEFORES,de lui fournir de nombreuses
      infos et de signer la pétition…..
      A bientôt et bonne lecture!

      Note interne Expéditeur : Jean-Marie REBILLAT/NS
      Destinataires :
      Copie :
      Objet : CR International Symposium MBT 2007 Date : 5 juin 2007
      Groupe TIRU
      Tour Franklin 10ème étage
      Défense 8
      92042 PARIS LA DEFENSE CEDEX
      France
      Tél. : 01 41 97 38 00
      Fax : 01 41 97 38 01
      http://www.groupe-tiru.com
      En Allemagne et en Autriche notamment, il est clair que le MBT (Mechanical Biological Treatment ou Traitement Mécano-Biologique en français) a 2 objectifs : ne plus mettre d’ordures brutes en décharge et produire un combustible de substitution (RDF) à haut PCI (15 000 kJ/kg) qui pourra être utilisé au sein de centrales thermiques, de cimenteries, d’incinérateurs dédiés ou en mélange avec des OM brutes (lits fluidisés ou four à grille).
      Bien avant la directive communautaire du 26 avril 1999 sur la mise en décharge des déchets ménagers, l’Allemagne notamment a mis en place dès 1993 une réglementation nationale interdisant la mise en décharge des déchets ménagers qui n’avaient pas subi de pré-traitement.
      Cette filière permet de récupérer d’une part des produits valorisables tels que les métaux et les non ferreux et d’autre part un déchet riche en MO qui doit être stabilisé. La stabilisation de ce déchet n’a pas pour but de produire du compost mais de permettre d’envoyer ce dernier en décharge pour lesquelles les conditions de stockage sont très sévères. S’agissant des gaz émis lors de cette stabilisation, on peut noter que l’Allemagne possède une règlementation très stricte comparable à celle concernant les gaz issus de l’incinération. Les coûts d’investissement et d’exploitation de ces installations apparaissent lourds bien que peu de données ont été transmises sur les coûts. La filière MBT propose aussi une diminution globale des gaz à effet de serre CH4 et CO2 par les actions suivantes :
      – remplacement des combustible fossiles utiliser dans les centrales thermiques et les cimenteries par un déchet à haut PCI produisant moins de CO2
      – stabilisation des déchets avant mise en décharge afin de réduire leur production de méthane (mesures des paramètres AT4 et GB21 relatifs au potentiel du déchet en matière de production de méthane)
      POINTS COMPLEMENTAIRES
      Le développement du TMB en Allemagne est très important : 76 installations recensées. La filière a atteint sa maturité.
      2
      Les projets nouveaux sont rares et les professionnels se penchent actuellement surtout sur l’amélioration des systèmes existants.
      Situation du TMB en Allemagne :
      Entrées : Traitement annuel : 7,2 millions de tonne
      Sorties : Pertes par évaporation et dégradation organique : ~ 1,5 millions de tonne
      Traitement thermique : ~ 3.6 millions de tonne
      Mise en décharge : ~ 1.6 millions de tonne
      Bien que présenté comme la solution du traitement du déchet en Allemagne (pour respecter la mise en décharge et pour élaborer ensuite un combustible spécifique) le TMB connaît quelques difficultés :
      – 17 % des unités ont des problèmes d’odeurs
      – de nombreuses installations ont des problèmes de corrosion et des problèmes liés au traitement d’air (forte consommation énergétique, faible disponibilité, difficulté de contrôle des paramètres en particulier de mesure des poussières, encrassement par les siloxanes).
      Questions à l’ordre du jour :
      L’efficacité et les conditions de fonctionnement des RTO (Regenerative Thermal Oxydation) :
      L’air capté dans un TMB doit être traité avant rejet dans l’atmosphère avec des normes aussi sévères que pour les fumées des UIOM. Par conséquent les biofiltres ne sont pas suffisants et un traitement thermique est obligatoire.
      Un RTO est précédé d’un lavage acide pour l’élimination de l’ammoniac et comprend des échangeurs en nids d’abeille.
      Les RTO sont sensibles à la corrosion et au colmatage des nids d’abeille. (Dépôts de SiO2 : les siloxanes). Des arrêts préventifs pour entretien doivent être effectués toutes les 6 semaines environ.
      Certains s’interrogent sur l’intérêt du traitement thermique gros consommateur d’énergie et sur le bilan environnemental. D’un côté on limite l’émission de gaz à effet de serre en traitant et détruisant des composés organiques de l’autre on produit du CO2 en consommant de l’énergie.
      En première approche l’effet pourrait être positif lorsqu’un RTO fonctionne pour traiter l’air aspiré au dessus d’unités de compostage pendant les premières semaines de dégradation.
      La conso d’un RTO est de l’ordre de 10 à 25 kWh pour traiter 1 000 Nm3 d’air.
      3
      Le suivi des TMB grâce à l’analyse thermique :
      On peut suivre facilement l’état de dégradation d’un déchet en effectuant une analyse thermique d’un échantillon.
      L’amélioration des systèmes de tri :
      Cette amélioration peut viser plusieurs objectifs différents :
      • l’optimisation de la récupération de certains matériaux (par exemple les métaux non ferreux dont les recettes de vente peuvent justifier les efforts de récupération)
      • l’amélioration de la qualité d’un combustible dérivé. Certains utilisateurs pénalisent ou refusent des fluffs qui contiennent trop de fines. Le retrait de celles-ci améliore l’écoulement.
      Les paramètres de contrôle de la stabilisation avant mise en décharge :
      L’Allemagne et l’Autriche ont mis en place une réglementation sévère sur le contrôle de la stabilisation de la matière organique avant mise en décharge.
      Le test de respirometrie (coefficient AT4) fixe une limite de 5mgO2/g MS ( matière sèche ) en Allemagne et de 7mgO2/g MS en Autriche.
      Ce test consiste à quantifier la quantité d’oxygène consommée par 20g de compost humidifié selon un protocole précis. Plus le compost consomme d’oxygène, plus il est immature.
      Le temps d’incubation est de 4 jours (d’ ou le nom d’AT4).
      Les travaux de la Commission Européenne avaient envisagé dans le « second draft » du document sur le traitement biologique des déchets, de fixer une valeur européenne de l’AT4 à 10 mgO2/g MS.
      Cette valeur n’a pas été retenue et plusieurs pays européens, dont la France, n’ont pas mis en place ce type de réglementation et de contrôle.
      Les valeurs très basses de 5 et 7 en Allemagne et en Autriche nécessitent plusieurs semaines de compostage aérobie direct ou après méthanisation pour les atteindre (jusqu’à 10 semaines de traitement lequel ne peut s’effectuer qu’en enceinte totalement fermée avec aspiration et traitement d’air.)
      Impression générale
      Tous les TMB présentés sont souvent très sophistiqués mais avec des objectifs parfois très différents. L’exploitation de ces installations peut etre complexe et engendre de toute évidence des couts de traitement conséquents.
      Certains se focalisent sur la stabilisation, d’autres sur le combustible dérivé en cherchant suivant les exigences de l’utilisateur soit à retirer au maximum les fines ( jusqu’à 15 pour cent ) soit à retirer au maximum les cailloux et les métaux en utilisant notamment des systèmes de tri optique poussés .
      Les organisateurs et les principaux intervenants du Symposium sont très impliqués dans les TMB et donc peu critiques sur la filière, on sentait néanmoins au fil des exposés et après un premier jour consacré à une vision optimiste de la technique ( qui se répand dans divers pays y compris certains en voie de développement ) que les couts et les contraintes d’exploitation de cette filière sont très importants.

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