Du tourisme dans une décharge nucléaire en Limousin ?

Du tourisme dans une décharge nucléaire des Monts d’Ambazac  ?  Certains l’envisagent. On croirait à un canular si le sujet n’était pas aussi grave.

Résumé de l’article du POPULAIRE DU CENTRE du 9/10/2009 p. 3

«Une centrale solaire de 8 MW à Bessines.
A l’horizon 2011, sur le site de l’exploitation de Bellezane, en partenariat avec la commune et Areva, une société marseillaise spécialisée va y implanter la plus grosse centrale solaire du Limousin. Le premier adjoint du maire de Bessines, évoque la possibilité d’une destination touristique.» !

Les futurs touristes seraient bien avisés de se documenter sur cette future « centrale solaire» en lisant, par exemple, ce Communiqué CRIIRAD du 27 juillet 2006.

www.criirad.org/actualites/…/cpcogemaarevaplusgaranties.doc

«2 / Problèmes posés par le stockage des sédiments issus du curage des étangs

COGEMA-AREVA propose de transférer les sédiments contaminés issus du curage des étangs dans l’ancienne fosse de Bellezane. Le lac de Saint-Pardoux sera vidangé courant 2006 et cette opération doit être mise à profit pour un curage partiel des sédiments avec évacuation des déchets sur Bellezane.

Or, s’il est indispensable d’assainir les sites, il n’est pas question pour autant d’augmenter les quantités de déchets accumulés sans garantie de confinement ni d’avaliser une situation juridique irrégulière. La CRIIRAD a rappelé dans un communiqué en date du 14 juin 2006 que le site de Bellezane pose des problèmes tant sur le plan du droit que sur le plan environnemental.

Le statut juridique du site de Bellezane est irrégulier. Cette irrégularité est fondée sur une comptabilisation incorrecte de l’activité des substances radioactives présentes qui conduit à une sous-évaluation arbitraire et considérable des risques. Cette grave anomalie aurait dû être corrigée au plus tard en 2000, lors de la transposition de la directive Euratom 96-29 mais les pouvoirs publics français s’efforcent depuis lors de mettre en place un dispositif dérogatoire.

Sur le plan de l’environnement, le site de Bellezane n’est pas étanche, la fraction fine des résidus rejoint les galeries souterraines. L’hydrogéologie du site est complexe et n’a pas été correctement étudiée. Le système de collecte et de traitement des eaux contaminées issues de la mine est inadapté et conduit à une forte contamination des plantes aquatiques et des sédiments en aval. Il persiste des déchets radioactifs solides dans l’environnement du site (situation dénoncée par la CRIIRAD depuis 1994) Le dispositif d’évaluation de l’impact radiologique actuel du stockage est totalement inadapté et sous-estime de façon inacceptable les doses de radiation réellement subies par les riverains.

Sur la base de ces arguments, la CRIIRAD considère qu’il ne faut pas autoriser le stockage des boues radioactives dans l’ancienne mine de Bellezane (stockage dans les MCO 105 et 68 des boues de curage qui proviennent soit des stations de traitement des eaux d’exhaures soit des étangs contaminés).

La CRIIRAD a transmis son analyse du dossier à la Commission Locale d’Information (CLI) qui a malgré tout rendu, le 14 juin 2006, un avis favorable sur la demande d’autorisation présentée par Areva.

Il convient de souligner que cet avis a été rendu malgré l’opposition de la mairie de Bessines et des associations Sources et Rivières du Limousin et Limousin Nature Environnement. Il faut dire que COGEMA-AREVA disposait de 3 voix dans ce vote ?!

Cependant, la question du devenir du site de Bellezane est loin d’être tranchée.

A la demande de l’administration, AREVA a fait un état des lieux (Bilan Décennal) dont la CRIIRAD va faire une analyse critique en collaboration avec les associations de protection de l’environnement et les habitants qui souhaiteront apporter leur témoignage.

Ce travail permettra de créer un débat contradictoire avec le Groupe de travail officiel dit GEP « Groupe d’Experts Pluraliste ».

En effet, au vu du déroulement de la première réunion constitutive de ce groupe (Paris, 11 avril 2006), la CRIIRAD a finalement décidé de ne pas participer à ces travaux estimant que le dispositif n’apportait pas de garanties suffisantes.

Pour en savoir plus, télécharger sur http://www.criirad.org : le Communiqué CRIIRAD du 14 juin 2006 et la note CRIIRAD N°06-41.»

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