Formations : massacre à la tronçonneuse en Limousin

Lundi 25 janvier, lors du  »Conseil académique de l’Education nationale » (CAEN) à Limoges, la rectrice d’académie annonçait essentiellement … des fermetures de section.

Selon le Populaire du Centre,  »en septembre prochain, il n’y aura plus de sciences de l’ingénieur au lycée d’Ussel. Il n’y aura plus de BTS « Comptabilité et gestion » au lycée E. Perrier à Tulle. Plus de formation de peintre en carrosserie à Saint-Exupéry (Limoges), plus de « tapisserie-ameublement » au Mas-Jambost, plus de section « charpenterie et taille de pierre » à Felletin, plus de formation « petite enfance » à Saint-Vaury… Cet établissement creusois, qui devrait aussi voir disparaître son bac « Productique » et son CAP « Ouvrage électrique », battra sans doute un record à la rentrée 2010 : un tiers de ses effectifs fondra comme neige au soleil. »

Une fois de plus, la décision tombe d’en-haut.

En effet, le rectorat de Limoges n’est que le bras armé (d’une tronçonneuse) du Ministère de l’Education Nationale (MEN) qui depuis ses bureaux parisiens du 7ème arrondissement décide de l’avenir des régions et des formations qui peuvent y être dispensées.  Sous prétexte de bonne gestion !

Qu’importe que les sections recrutent sans problème, qu’il y ait des débouchés pour les jeunes…

Qu’importent les 5,2 millions d’euros investis pas la région Limousin pour rénover les bâtiments à Saint-Vaury, les 100.000 euros à Ussel…

Qu’importe l’avenir des jeunes Limousins.

Selon l’INSEE Limousin, 250 jeunes Limousins quittent la région chaque année  »pour poursuivre des études supérieures ou trouver un emploi’‘.

Plutôt qu’une gestion à courte vue, d’une rentrée sur l’autre, la carte scolaire devrait être négociée sur 3 ans.  »Je le dis à chaque CAEN et à chaque recteur qui passe. En vain » rappelle M. Denanot président de la région, .

Face aux représentants du tout-puissant MEN, ses interventions restent lettre-morte.  »C’est désormais aux lycées et aux villes concernées de se mobiliser’‘.

En effet que représente une Région aux yeux d’un pouvoir central qui décide quasiment de tout sans tenir compte des intérêts locaux ?

Quel est donc le projet de Paris pour le Limousin ? Une réserve de main d’oeuvre ? Un parking à vieillards ? Une très grande banlieue résidentielle pour le Très Grand Paris ?

Poser la question, c’est malheureusement y répondre.

La France en reste à une gestion bonapartiste à la mode de 1802. Et Sarkozy voudrait encore réduire les pouvoirs des régions…

Si nous voulons un avenir en Limousin, il faut nous battre pour un véritable pouvoir régional, comme cela existe dans les autres pays européens.

Y aura-t-il assez de régionalistes élus lors des élections de mars 2010 ?

THAT IS THE QUESTION.

Publicités

4 réflexions sur “Formations : massacre à la tronçonneuse en Limousin

  1. « Selon l’INSEE Limousin, 250 jeunes Limousins quittent la région chaque année »pour poursuivre des études supérieures ou trouver un emploi  » : 250 c’est pas beaucoup, car ce chiffre me paraît bien faible. J’espère qu’il y en a beaucoup plus !
    Par ailleurs je ne pense pas qu’on puisse étudier tous les sujets pointus en Limousin, ce qu’est contraire à ce qu’est l’Université, qui depuis le Moyen Âge pousse les étudiants à se frotter aux pays étrangers…

    • Pour ce qui est de l’exil des jeunes, les chiffres sont ceux de l’INSEE. Qui ne comptabilise que la différence arrivants-partants, donc c’est vrai le nombre doit être plus élevé en réalité, pour les partants…


      FOCAL INSEE Limousin n°55, juillet 2009


      « Le Limousin perd des jeunes et des cadres

      Si les nouveaux habitants du Limousin sont plutôt jeunes, les partants le sont aussi. Parmi ceux qui ont quitté récemment la région, plus d’un sur trois est âgé de 20 à 29 ans. Chez les 25- 29 ans, les départs l’emportent d’ailleurs sur les arrivées. Le Limousin perd ainsi, chaque année, plus de 250 jeunes par le jeu des migrations interrégionales, alors que son solde migratoire – excédentaire sur toutes les autres tranches d’âge – est globalement positif. Les jeunes quittent la région pour poursuivre des études supérieures ou trouver un emploi. Le départ des jeunes diplômés, qui déménagent en nombre pour démarrer leur vie active,se traduit également par un solde migratoire négatif chez les cadres. »

      C’est vrai que l’Université doit ouvrir sur l’ailleurs mais de là à n’offrir comme perspective que le départ de sa région, il y a une marge. On doit s’efforcer d’avoir des formations qui répondent aux besoins locaux sous peine de rentrer dans le jeu d’une société de la « mobilité », de l’éternel mouvement, du déracinement perpétuel…
      Là aussi, l’idée de « circuit court » doit être prise en compte.

      Personnellement, je crois au droit de vivre au pays (pour ceux qui le souhaitent).

      L’obligation de partir, « Limousin prends ta valise ! », désolé, pas d’accord.

  2. Je crois, moi aussi, que les voyages forment la jeunesse et je suis pour le système scandinave qui encourage les jeunes à partir un an à l’étranger. Rien de tel pour ouvrir l’esprit à d’autres cultures et d’autres façons de vivre et pour apprendre la tolérance et le respect de la différence. Par contre, une fois la formation professionnelle achevée, la région doit offrir au jeune la possibilité de revenir travailler là où sont toutes ses attaches. Un arbre ne pousse bien, une abeille ne survit bien que dans son biotope, pourquoi l’être humain serait-il différent?

    • Résumé d’article paru dans la revue de presse de la CCI en 02/2007:

      « L’herbe est-elle plus verte qu’ailleurs ?

      Un étudiant sur quatre choisit de quitter la région pour poursuivre ses études. Les autres, une fois leur diplôme universitaire acquis, partent chercher du travail ailleurs. Reste que l’Université de Limoges, qui propose des formations rares, attire plus d’étudiants qu’elle n’en garde. Les entreprises de la région ne peuvent absorber la masse d’étudiants diplômés chaque année. La solution serait peut-être de trouver le moyen d’inciter les jeunes diplômés à créer leur propre entreprise. 150 sociétés sont ainsi montées chaque semestre par des moins de 30 ans. Une enquête pour l’observatoire universitaire des parcours étudiants et notamment sur le devenir des diplômés des DESS limousins sur 2002, 2003 et 2004, montre que plus de 75 % des étudiants sont embauchés ailleurs qu’en Limousin, ceux restant sont attachés à leur région. Ils sont 6 % non originaires du Limousin à rester sur place. 50 % des diplômés ayant grandi dans la région choisissent de partir travailler ailleurs. Les diplômés gagnent 1 329 € en moyenne pour leur premier emploi en Limousin alors qu’ils se voient proposer 1 653 € en moyenne dans d’autres régions et 1 817 € en région parisienne. Entretien avec Jacques Fontanille, président de l’université de Limoges. »
      Source : LE POPULAIRE DU CENTRE-15/2/2007 p.2

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s