Europe Ecologie Limousin : une soirée  »historique »

Ghislaine Jeannot-Pagès avait invité le 1er mars à Limoges, Gustave Alirol, président du Partit Occitan et lui-même candidat en Auvergne, et Estela Parot-Urroz, membre de la liste en Haute-Vienne, à plancher sur «une politique pour les langues régionales».

Une question pas si éloignée qu’on pourrait le croire des préoccupations d’Europe Ecologie.

En introduction, Estela Parot-Urroz, rappelait quelques éléments.

«La Région Limousin (Lemosin en occitan) est entièrement occitane. Si la langue était parlée par une large majorité d’habitants jusque vers 1970, le nombre de locuteurs a fortement baissé. Malgré le réveil culturel et la sympathie de l’opinion, en 2009, l’UNESCO a classé l’occitan dans les langues en danger de disparition».

D’autre part, «si la Région organisait en 2006 les  »Assises de l’occitan en Limousin », il en résulta peu d’avancées concrètes, notamment en matière d’enseignement, le Rectorat n’ayant pas mandaté de représentant.»

Autre photographie de la situation : en novembre dernier, aux 10 ans de l’Institut d’Etudes Occitanes, «une action culturelle subventionnée au coup par coup oblige les associatifs à faire dossier sur dossier plutôt que d’être sur le terrain, alors que les besoins sont immenses en collectage, formation, diffusion des oeuvres, initiation, animation…»

Soirée Europe Ecologie Limousin, 1/03/2010 : une politique pour les langues régionales

Pour Europe Ecologie, «la promotion de la langue occitane n’est pas seulement une action du champ culturel. Elle touche toutes les facettes de la société et vise à dynamiser le territoire sur son identité». La relocalisation de l’économie est un défi tant écologique (limitation des gaz à effet de serre) que social (emplois non délocalisables) qui doit s’appuyer sur «un imaginaire collectif partagé (sentiment d’appartenance au territoire)» (Ghislaine Jeannot-Pagès).

Or «il est urgent pour le Limousin d’assumer sa responsabilité dans le domaine de la langue et de la culture occitanes et d’engager une véritable politique linguistique comme en Aquitaine, Midi-Pyrénées, ou Bretagne», déclarait Estela Parot-Urroz. «Il faut parler d’ urgence linguistique comme on parle d’ urgence climatique».

Après un point sur le contexte juridique et constitutionnel français, en matière de langues régionales, Gustave Alirol présentait les possibilités de mise en place d’une politique linguistique à l’échelon régional. Mais sans exclure l’interrégionalité avec la mutualisation des moyens et des expériences entre régions. «Un Conseil Culturel Interrégional Occitan (Syndicat Mixte) est nécessaire pour une politique linguistique coordonnée sur l’ensemble du territoire occitan». Des financements croisés, de l’Europe à la commune, seront étudiés pour mener une politique cohérente. Pour ce qui est du Limousin, Gustave Alirol a souligné l’importance d’une enquête sur le nombre d’occitanophones.

Actuellement, les actions de la Région en faveur de l’occitan sont plutôt ponctuelles, il n’y a pas de politique globale. La dépense par habitant est de 20 centimes d’€ (sur un budget culturel total de 15 € par habitant !) avec un enseignement quasi-inexistant et une transmission familiale en panne.

La liste Europe Ecologie Limousin propose la mise en place, au niveau du Conseil régional,d’un véritable «Service linguistique doté d’un Chargé de Mission qualifié et d’un budget spécifique de 3 € par habitant». Ce service mettra sur pied avec les différents partenaires (associations, collectivités locales, éducation, administrations, médias, entreprises,…) les actions nécessaires au renouveau de la langue. La Région doit se positionner sur l’enseignement de et en langue régionales, notamment par une convention avec le Rectorat (prévue par la loi Fillon et préalable à tout enseignement). La Région doit également continuer de soutenir l’école Calandreta, basée sur le principe de la coopération entre les parents et l’école.

L’action en faveur de l’occitan sera transversale, touchant la communication interne ou externe, la signalétique dans les lycées, dans les TER… et les soutiens aux projets : télévision régionale avec part en occitan, développement économique intégrant l’identité occitane …

Abordant la politique territoriale, Gustave Alirol soulignait les aberrations du projet gouvernemental : «métropoles» qui «marginaliseraient de fait tout le Massif Central» (sujet sur lequel la gauche reste muette) et retour à la centralisation.

Il ne manquait pas d’inviter tous ceux qui veulent voir avancer la question de la langue occitane à faire le  »bon choix » le 14 mars en votant Europe Ecologie !

En réponse aux questions du public, et en conclusion, Ghislaine Jeannot-Pagès soulignait l’importance de la langue occitane dans la Transition écologique que propose Europe Ecologie pour le Limousin.

Il ne s’agit pas «d’apporter un petit  »supplément d’âme » mais plutôt d’un sujet concernant de nombreux domaines, y compris l’économie, un élément essentiel du  »vivre ensemble » et du lien inter-générationnel».

Ce 1er mars 2010 était une soirée  »historique »: pour la première fois en Limousin, une liste abordait la question de l’occitan dans la future politique régionale.

C’est Europe Ecologie et c’est normal : la Transition écologique, c’est le début d’un vrai Changement.

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