Fiasco des francophonies à Limoges

La presse rend enfin compte des réalités du festival « Francophonies en Limousin», largement subventionné par les fonds publics : c’est un fiasco!
Effectivement se pose la question de « la relation qu’entretient cette manifestation culturelle majeure avec le territoire qui l’accueille, où elle est née voici presque trente ans.»
La réponse : aucune relation !

Comme dans le cas du centre Maria Casarès à Alloue (Charente Limousine), c’est une opération des capteurs de subventions parisiens : on se «décentralise» en «province» pour venir charitablement leur apporter une «vie culturelle»… Des élus complaisants (honteux de leur propre culture et complexés face aux «Parigots») sont mis à contribution et le peuple finance largement…

Jusqu’au jour ou c’est vraiment trop criant : les salles sont vides, les collectivités se lassent et nos missionnaires culturels se mettent en quête d’une autre vache à lait.

L’Occitanie est grande : et nombreux les décideurs qui veulent faire briller leur CV avec une «Grande Politique Culturelle»….

Article du Populaire du centre du 11/10/2010

«La 27e édition des Francophonies en Limousin n’a pas attiré les spectateurs. Après une série d’éditions mitigées, décourageantes peut-être pour le public, cette édition était pourtant revenue à un niveau de qualité plus homogène.

Malgré un festival revenu à un meilleur niveau d’ensemble, le public n’était pas au rendez-vous lors de ces dernières Francophonies.
Après une série d’éditions mitigées, décourageantes peut-être pour le public, les 27es Francophonies, qui ont eu lieu du 23 septembre au 2 octobre, sont revenues à un niveau de qualité plus homogène. Malgré cela, le public n’a pas répondu présent, comme il le faisait auparavant et les salles presque vides n’ont pas été une exception.

Cela pose forcément question. L’une concerne la relation qu’entretient cette manifestation culturelle majeure avec le territoire qui l’accueille, où elle est née voici presque trente ans. Avec la désaffection d’une partie de son public, en l’absence de vrai souffle festif, de visibilité et d’ouverture sur l’extérieur, n’est-elle pas en train de se scléroser sur « l’entre-soi », publics ciblés, professionnels et aficionados ?

S’ajoute à cela un contexte difficile. Voici deux ans, les Francophonies étaient fragilisées par une perte substantielle de leur budget de 9 % représentant des apports de l’État.

Enfin, les trois spectacles surtitrés en français n’interrogeaient-ils pas la notion même de francophonie ? Aujourd’hui, la promotion de la langue et de la culture française à l’étranger est mise à mal par la France elle-même… Loui Mauffette, metteur en scène québécois, expliquait en début de festival que même au Québec, le français est menacé. Enfin, le metteur en scène tunisien Fadhel Jaïbi revendiquait avec force son spectacle en arabe baptisé « Amnesia ».

Le temps est-il venu pour les anciennes colonies de s’affranchir aussi de ce « butin de guerre » qu’est la langue française ? Certes, le français demeure un moyen essentiel pour se faire entendre dans les pays africains où cohabitent plusieurs langues nationales, ou encore pour se faire publier… Toutefois, la francophonie deviendrait-elle un socle vacillant pour un festival dont c’est la spécificité ?

Une chose est sûre, le festival d’Avignon a près de soixante-cinq ans, celui de Bellac en aura bientôt cinquante-six. Pour atteindre ce bel âge, ils ont dû sans doute eux aussi franchir des caps, intégrer des changements au fil du temps.
 
Muriel MINGAU»

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