Dire la vérité sur Fukushima

Mail ouvert de Michel Guéritte à :

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l’Energie, Madame Le Ministre de l’Environnement, Messieurs les Députés, Messieurs les Présidents de l’ASN, de l’IRSN, de l’HTCISN, du CEA, d’AREVA, d’EDF… et quelques citoyens…

Ville-sur-Terre , le 1er Avril 2011

La fin de l’Humanité ! Un poisson d’avril ?

Non ce n’est pas un poisson d’avril. Compte tenu de la situation au Japon, nous n’avons peut-être jamais été aussi proche de la fin de l’Humanité.

Vous me direz : l’Humanité disparaîtra, bon Débarras ! Comme l’écrit Yves Paccalet…

http://www.amazon.fr/LHumanité-disparaîtra-débarras-Yves-Paccalet/dp/2700396650

Certes, mais je n’en peux plus de voir inlassablement dans les journaux écrits et télévisés, ce titre : Japon : la situation est imprévisible !

Non, c’est un mensonge !

La situation est prévisible. Il existe différents scenarii, pire l’un, pire l’autre.

Quelques spécialistes n’hésitent pas a décrire la réalité, à dire la vérité comme on le fait avec un malade atteint d’un cancer.

Si on croit connaître en temps réel, en direct, la situation et l’état des lieux à Fukushima, on constate qu’on ne nous communique pas tous les chiffres des mesures ? La CRIIRAD s’en plaint d’ailleurs !

On a aussi oublié de nous dire quelle est la quantité de barres usées et de barres neuves de combustibles stockées dans les piscines implantées dans les mêmes bâtiments que les réacteurs…

La quantité totale représenterait non pas 6 réacteurs, mais l’équivalent de 40 réacteurs !

Alors quel serait donc “l’accident majeur” ?

Saviez-vous qu’en un an, un réacteur accumule autant de produits radioactifs que 1 000 bombes d’Hiroshima ?

Le premier accident majeur pourrait être un accident de criticité :

1 – L’accident de criticité !

Un physicien nucléaire m’écrit : pas besoin de comprimer une masse de plutonium pour qu’elle explose.
Une masse critique de 6 kg peut exploser quand bon lui semble.
La différence critique (6 kg non comprimés) et surcritique (6 kg comprimés) c’est que la première explose quand elle le veut (éventuellement n’explose pas) la seconde, elle, explose quand on le veut.
Bref une situation atomique incontrôlable versus une situation atomique controlée.

Les charges nucléaires sont toutes conservées en masse sous-critique.
Personne n’a dans son “stock” 6 kg de plutonium d’un seul tenant (en tout cas sous forme de “boule”).
Effectivement les missiles sont constitués de deux demi-sphères séparées.
C’est juste une fraction de seconde avant l’heure de l’explosion qu’on rassemble les deux masses qui constituent alors la masse critique…

A Fukushima, un accident de criticité, une explosion atomique de ce type enverrait dans l’atmosphère une quantité de radionucléides telle que l’Humanité n’y survivrait pas.

2 – “L’explosion vapeur” !

C’est la conséquence de ce qu’on appelle “le syndrome chinois” : les spécialistes s’accordent à dire que le coeur en fusion,
à une température de l’ordre de 3 000°C, constitue une sorte de magma, appelé corium, qui traverse l’enveloppe d’acier du réacteur, puis le radier en béton, et s’enfoncerait dans la terre, on ne sait absolument pas jusqu’où.
Mais si cette masse rencontre un volume d’eau, c’est l’explosion vapeur.

Le corium entrant en contact avec de l’eau se disperse en gouttes et provoque une vaporisation de l’eau.
Par le passage d’une onde de pression, le film de vapeur qui entoure les gouttes peut être déstabilisé, ce qui provoquerait une interaction thermique avec fragmentation des gouttes en très fines particules, générant un échange thermique violent avec l’eau et la propagation d’une onde de pression qui peut avoir des conséquences mécaniques néfastes…

Extrait de Titre II – chapitre II – III du rapport OPECST :

http://www.senat.fr/rap/o97-4841/o97-4841_mono.html#toc36

Hirose Takashi, éminent expert nucléaire japonais, voir :

http://www.spiritsoleil.com/nonaunucleaire/sud-est/index.php?post/2011/03/29/Santé-%3A-L-inhalation-de-la-plus-infime-particule-radioactive%2C-est-dangereuse

déclare que, si un seul des réacteurs de Daiichi s’enfonce, pour les cinq autres cela ne sera qu’une question de temps.
Nous ne pouvons pas savoir dans quel ordre cela risque de se produire mais ils suivront tous le même chemin.
Et si cela arrive, le site de Daini n’est pas si loin, donc probablement ses réacteurs eux aussi s’enfonceront !

Une explosion de ce type pour la cuve du réacteur n°3 de Fukushima qui contient du MOX, donc 300 kg de plutonium enverrait dans l’atmosphère une quantité de radionucléides telle que l’Humanité n’y survivrait pas, puisqu’un gramme de plutonium représente 10 millions de cancers mortels potentiels par inhalation.

3 – L’incendie !

Impossible nous dit-on…
Oui mais si il un incendie non maîtrisable se déclarait ?
Si il représentait 5 ou 10 ou 20 ou 40 Tchernobyl ?
Puisqu’il y a équivalence de 40 réacteurs.
Un tel incendie enverrait dans l’atmosphère une quantité de radionucléides telle que l’Humanité n’y survivrait pas.

4 – La contamination de la mer !

La dispersion dans la mer de tous les radioéléments conduirait à un lent empoisonnement radiologique de l’Humanité.

5 – La situation actuelle !

En ce 1° avril, il s’échappe encore (et cela fait 3 semaines) continuellement des radionucléides dans l’atmosphère, dans la mer, dans la nappe phréatique, à des taux incroyablement élevés.

A 40 km de Fukushima on relève déjà une contamination au cesium 137 de 3 260 000 Bq/m2, ce qui à cette distance semble supérieur à Tchernobyl, au vu des relevés publiés par la CRiiRAD dans l’ Atlas de André PARIS.

Et il y a peut-être d’autres scenarii..

La communauté scientifique nucléaire dont la toute puissante et arrogante AIEA est bien incapable de mettre en place aujourd’hui une solution pérenne.

J’ai l’impression qu’on bricole !

Bref, la situation actuelle c’est le rejet ininterrompu de radioéléments. Jusqu’à quand ?

A partir de quand Fukushima aura un impact sur l’Europe, équivalent à celui reconnu aujourd’hui de Tchernobyl ?

A partir de quand Fukushima aura un impact sur l’Europe, 2 fois supérieur à celui de Tchernobyl ?

A partir de quand Fukushima aura un impact sur l’Europe, 10 fois supérieur à celui de Tchernobyl ?

Messieurs, on fait quoi ? Gouverner, c’est prévoir !

Merci de vite expliquer que tous ces scenarii sont fantaisistes.

Merci de vite publier les vôtres, les vrais !

Bonne journée quand même…

Colèrement

Michel GUERITTE

http://www.villesurterre.com/

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4 réflexions sur “Dire la vérité sur Fukushima

  1. J’ai apprécié cet article, concis, étayé de liens, franc. D’aucuns diront que c’est un hoax, un poisson d’avril. Peut-être.
    Depuis le début de cette crise, je lis des articles sur le nucléaire en parallèle des informations, beaucoup d’articles étant antérieurs à la catastrophe. Des messages les plus alarmistes aux réponses des fervents défenseurs du nucléaire. Quiconque se met en quête d’informations, largement disponibles sur internet ou en librairie retrouvera rapidement ses repères dans la situation actuelle. Que ce soit par les images des explosions, explosion du sommet du réacteur, horizontale différente de celle du N°3, verticale; par la fumée noire du N°3 alimenté en MOX au point de fusion plus bas que le combustible des autres réacteurs, expliquée par Michel Chevalet comme le percement du socle par le corium, on espére que la réacteur soit pourvu d’un étaleur de corium hélas inventé bien après la construction de la centrale ou encore par les mesures des 60 balises de précision qui sont tenues secrètes.
    Moi je pense simplement
    – 4 (ou 6 voire 10) réacteurs, balayés par le même séisme et le même tsunami on des chances de subir les mêmes types de problèmes
    – Des mesures rassurantes seraient forcément divulguées
    – Une panique à grande échelle serait probablement impossible à gérer
    – Les enjeux politiques et économiques sont gigantesques
    Donc oui, j’ai apprécié cet article.

    • Heureusement qu’il existe des militants courageux comme Michel Gueritte pour donner une autre information que les communiqués officiels.
      Son site :
      http://www.villesurterre.com/

      La catastrophe de Fukushima quitte l’actualité, non parce que la situation est réglée mais parce qu’il s’agit de « calmer » l’opinion mondiale. Pour les nucléocrates au pouvoir dans la plupart des pays, il faut à tout prix sauver l’industrie nucléaire. Donc, on rassure, on souligne les « progrès », on monte en épingle les (fausses) solutions, on transforme le bricolage improvisé en solutions technique… Et on déverse de l’eau radioactive (faiblement…, en fait des milliers de fois plus qu’à l’habitude) dans l’océan « sans risque pour l’environnement » disent-ils. Chacun sait que les poissons éviteront cette eau !… De plus des milliers de km2 du japon seront inhabitables pour des centaines d’années… Quoi que… Certains scientifiques prétendent que l’on peut très bien vivre dans une zone radioactive… Cf certains villages du côté de Tchernobyl… Il suffira d’augmenter la « dose admissible » pour les populations civiles….
      Tout est question de temps: en « gérant la crise » on gère l’acceptation par les populations…
      En France, la « gestion de la crise » se passe bien: les nucléocrates pensent faire avaler la pilule nucléaire soit à la sauce sarko (forte) , soi à la sauce socialo (douce)…

  2. Il y a quelques semaines on lisait partout « Rien à voir avec Tchenobyl », et voilà qu’on relève (enfin) le niveau de gravité de 5 à 7.
    L’information semble être distillée dans le temps pour la rendre plus supportable.
    Combien de temps le sera-t-elle encore? Quelle sera l’ampleur finale de cette catastrophe?
    Rien à voir avec Tchernobyl, effectivement, là un seul réacteur était concerné et il n’était pas en bord de mer sur une zone d’intense activité sismique…

  3. Et ce scénario pourrait encore s’avérer bien optimiste…
    Les répliques d’une magnitude de plus de 5 ou 6 se succèdent par centaines au Japon, l’île s’est déplacée de 2,5 mètres durant le séisme, et les volcans connaissent un regain d’activité.
    Qu’arriverait-il si le Japon se retrouvait partiellement ou même totalement ennoyé? S’il basculait dans l’océan, comme les Américains le redoutent tant pour leur côte ouest?
    Qu’adviendrait-il des 54 réacteurs Japonais?
    Sans parler des séismes qui affecteraient les pays voisins, des tsunamis qui atteindraient les côtes garnies de centrales nucléaires jusqu’à des milliers de kilomètres?
    En 2011, on dénombre 442 réacteurs dans le monde et 65 en construction, auxquels s’ajoutent les réacteurs militaires qui équipent les bâtiments de guerre, qui en 2002 étaient déjà 245.
    Je vois mal comment on pourrait faire machine arrière et éviter l’inévitable…

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