Pourquoi je quitte le Partit Occitan

Fondateur – avec d’autres – du Partit Occitan en 1987, et trésorier national/fédéral depuis lors, je constate avec tristesse depuis quelques années, l’arrivée à la tête du parti de personnes dont le seul objectif est de le faire disparaître. Les vieux militants les plus engagés qui avaient à plusieurs occasions dénoncé cette orientation néfaste pour le parti, ont abandonné.

Victime personnellement aujourd’hui d’une flagrante mise au placard, je donne quand même mon opinion et me sentirai libre de la faire largement connaître aux adhérents, sympathisants et amis du Partit Occitan.

Sous couvert de refondation, le congrès de Bize-Minervois sera appelé à décider le changement de nom du parti, la nomination d’un bureau virtuel, à la main de deux activistes principaux et la transformation de l’ex-P.Oc en vague lobby occitaniste. La refondation du Partit Occitan consistera principalement en l’abandon des termes «partit» et «occitan», mais, nous dit-on sans modification de la ligne politique! Même les couleurs (occitanes!) du site internet ne trouveront pas grâce aux yeux des rénovateurs et l’organisation future devra se contenter désormais d’un rouge et vert parfaitement banalisé.

Le champ d’action du parti est sournoisement réduit pour le transformer en une sorte d’amicale, loin des débats qui fâchent. Prétexte invoqué : l’ouverture, en particulier à une jeunesse qui ne s’intéresse pas aux chamailleries politiques. (Evoquée depuis plusieurs années, celle-ci est toujours aux abonnés absents…)

La motion d’orientation, en dehors des évidences, ne comprend aucune analyse de la situation politique. Les perspectives dans lesquelles s’inscrirait notre action sont absentes. La stratégie à long terme n’est visiblement pas à l’ordre du jour. Existe-t-elle d’ailleurs ?

Il s’agit le 26 octobre, en une heure ou deux, de liquider 27 ans d’expérience politique, de casser un outil peut-être imparfait mais laborieusement forgé, d’en revenir à un occitanisme des années 1950.

Depuis le «manifeste occitaniste», le P. Oc a abandonné peu à peu la politique pour se transformer en petit IEO-bis, ou pseudo-FELCO. Organismes qui d’ailleurs le ressentent de plus en plus en concurrent.

Le terme «Occitanie» et l’idée, sont désormais bannis du vocabulaire et de la communication du P. Oc. Les communiqués non relatifs aux questions culturelles sont de plus en plus retoqués au Bureau fédéral. Dernier en date, le projet de communiqué sur la Palestine (proposition provençale), s’est heurté au véto de David Grosclaude début août, bloquant toute prise de position du parti sur cette question humanitaire et sur d’autres pendant l’été… Désormais un fonctionnement hyper – bureaucratique du bureau fédéral est mis en place afin de «garantir la collégialité dans la prise de décision et de stimuler les initiatives individuelles». En réalité, la parole sera toujours hyper contrôlée.

Les associations, les sites internet se multiplient, donnant l’impression d’un renouveau militant. Malheureusement, le vivier reste maigre et aux postes dirigeants, on retrouve toujours les mêmes noms. De même, géographiquement, le cercle se réduit: l’Occitanie de 33 départements tend vers quelques cantons…

La concentration des pouvoirs fait le vide autour d’elle. Car le dirigisme est extrême. Le maître mot des réunions est devenu «validation». Validation de décisions prises à l’avance (par qui ?), sans discussions intempestives. Il faut avancer, avancer dans des ordres du jour de plus en plus chargés…

Les «élus régionaux» occupent une place démesurée dans la direction du P. Oc. D’où la confusion entre intérêts électoraux et ligne politique du parti.

Ces «élus régionaux» (sous l’étiquette EELV) ont en réalité très peu de chances de retrouver leurs sièges aux prochaines régionales vu l’état des relations avec les Verts. Certains ne voient donc, comme issue de secours que les listes PS ou centristes. Mais cela impliquerait de parler au nom d’un «mouvement social» occitan générique. On croit que pour le «produire» il faut se convertir à un occitanisme light, passe-partout, débarrassé de tout soupçon d’autonomisme, de régionalisme, de politique… D’où le toilettage/démantèlement du P. Oc proposé au congrés.

Je n’ai pas milité 40 ans pour l’Occitanie autonome (VVAP + P. Oc) pour participer à la liquidation – sous trois ou quatre mois (cf le texte d’orientation) du Partit Occitan au profit d’intérêts personnels.

Je n’ai pas passé des centaines d’heures en relances de cotisation, tenue de comptabilité, envoi de justificatifs, souscriptions, remboursements de frais, règlements de salaires, création et animation de site internet, envois d’articles aux adhérents, écriture et correction de communiqués, réunions de bureau, etc…, etc… pour aboutir à ce gâchis.

J’arrête de militer pour une organisation qui n’a pas tenu ses promesses car certains ont voulu l’instrumentaliser.

Jan Urroz, 12/09/2014

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